Dans le cadre du projet de loi de programmation de la recherche, nous avons auditionné en commission des affaires culturelles les députés Cédric Villani, Philippe Berta et Francis Chouat, sur les rapports des groupes de travail constitués, remis au Premier ministre le 23 septembre dernier.

Dans mon exposé, j’ai souhaité revenir sur la précarité à laquelle sont confrontés nombre de chercheurs et de chercheuses, notamment au début de leur carrière. Il était également important de mettre l’accent sur les financements, que nous jugeons d’une part insuffisant et d’autre part orientés de telle sorte qu’ils favorisent la privatisation de notre service public de la Recherche.

Je vous invite à prendre connaissance de ma question :

« Je partage avec vous certains constats qu’il était important de mettre en lumière, notamment concernant la précarité des chercheurs. Nous savons qu’ils sont très mal payés, notamment en début de carrière. De plus, nombre d’entre eux passent un temps considérable à candidater pour financer leurs recherches, avec des taux de refus très importants, notamment dans les sciences humaines. 

Vos travaux ont aussi largement porté sur les crédits affectés à la Recherche. Vous préconisez d’affecter des moyens supplémentaires pour rémunérer les chercheurs mais aussi pour financer convenablement la recherche. Même si nous partageons certaines de vos conclusions, il apparaît que les pistes que vous envisagez soient sensiblement différentes des nôtres. 

Les montants globaux estimés nous semblent insuffisants. Ils ne remettent pas en cause le principe de financement exclusif de la Recherche à travers des appels à projet via l’ANR. Ce système prive les chercheurs de leur liberté de définition de leurs objets de Recherche.

Ensuite, nous considérons que ces financements s’orientent en trop grande partie vers une privatisation de notre service public de la Recherche. Effectivement, dans le PLF 2020, le programme « Investissements d’avenir » est doté d’un peu plus de 2 milliards d’euros, répartis comme suit : 435 millions d’euros pour l’enseignement supérieur, 620 millions d’euros pour la « valorisation de la recherche » et 1 120 millions d’euros pour l’« accélération de la modernisation des entreprises ».

Nous considérons que les dispositifs mis en place pour accompagner la Recherche soulèvent des problématiques sociales. Les financements issus du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA) ne permettent pas des conditions de travail dignes pour les chercheurs. J’attire également votre attention sur le Crédit Impôt Recherche qui a démontré son inefficacité. Il représente un effet d’aubaine pour les grandes entreprises. C’est la raison pour laquelle je plaide en faveur de sa suppression et de sa redirection vers la recherche publique au service de l’intérêt général.

Je souhaiterais connaître votre avis sur les remarques, critiques et propositions que je viens de formuler. »