Michel Larive

Député de la deuxième circonscription de l'Ariège

 

 

Porter votre parole, partout où cela est utile

Vous m’avez fait l’honneur de m’élire comme député pour défendre les valeurs humanistes, sociales et écologiques auxquelles vous et moi sommes viscéralement attachés. La tâche est rude mais mon effort, associé à celui de mes collègues de la France insoumise, sera sans relâche pour nous opposer à la politique destructrice d’Emmanuel Macron.
Parmi mes nombreux devoirs, je n’oublie pas celui de vous tenir constamment informé.e.s du travail effectué et c’est pourquoi, sur ce site, je vous rendrai compte régulièrement de notre actualité.

Edito


Europe 1 : la dérive toujours plus inquiétante des médias mainstream


Nouvelle ère, nouvelles puissances. Durant des décennies, le bouquet audiovisuel a été tenu d’une main de maitre par le monopole d’Etat. Mais la propriété des journaux, stations de radios, chaines de télévision et sites web d’information se concentre désormais dans les mains de quelques grandes entreprises. Les conséquences pour la démocratie sont inquiétantes, car cette contraction de la pluralité des acteurs médiatiques menace le pluralisme, notamment en matière d’information. Chacun peut se remémorer par exemple le décor planté par la quasi-totalité des médias lors des précédentes élections présidentielles de 2017, qui a grandement favorisé l’élection d’Emmanuel Macron. Plus récemment nous pouvons observer ce qu’il s’est joué durant ce premier semestre d’une année électorale. La frange droitière du paysage politique (LREM-LR-RN) est parvenu à nous faire croire à une insécurité généralisée, tout en évitant le débat sur l’urgence sociale et écologique. Cela fut rendu possible par l’approche manichéenne adoptée par une majorité des acteurs de l’information, qui donne à voir un monde en noir et blanc, dans lequel toute nuance colorée est proscrite, d’autant plus lorsqu’elle se veut subtile.

Nous avons déjà appris la fusion prochaine des mastodontes TF1 et M6 sous la houlette du milliardaire Bouygues, qui captera 40% des parts d’audience et 75% du marché publicitaire. Voilà désormais qu’un autre ‘’capitaine d’industrie’’ tente de mettre la main sur une station de radio historique, Europe 1. En soixante-six ans, ses salarié·es, ses journalistes, ses auditeurs, ont eu le temps d’’’écouter le monde changer’’. Mais jamais un mouvement de grève aussi massif et politique n’avait eu lieu devant le siège de la radio, rue François 1er (siège qui a depuis déménagé).

Connaissez-vous le sobriquet donné par certains à Europe 1 lors des mouvements de contestation de Mai 68 ? On l’appelait ‘’Radio Barricades’’. Car à l’époque, Europe 1 était accusée par les autorités de présenter les faits de façon excessivement favorable aux manifestant·es. Il se trouve que la station couvre alors largement, et en direct, les affrontements parisiens entre étudiant·es et policiers dans le Quartier latin. Le ministre de l’Intérieur, craignant l’encouragement de troubles à l’ordre public, interdit alors l’usage de voitures émettrices durant plusieurs jours, et fait couper les fréquences de certaines stations, dont Europe 1, pour empêcher la diffusion en direct des manifestations. Plusieurs journalistes jugés trop militants seront par ailleurs licenciés l’année suivante.

Europe 1, un coup trop à gauche, aujourd’hui trop à droite ? Dans son édition du 22 juin, le journal Libération titrait : « Le spectre de la bande FN ». On craint en effet, avec la reprise en main par le milliardaire Bolloré du groupe Lagardère, propriétaire d’Europe 1, une extrême-droitisation de la radio, déjà amorcée avec vigueur sur la chaine de télévision CNews, déjà détenue par monsieur Bolloré. Les salarié·es et journalistes d’Europe 1 ont donc entamé un mouvement de grève le 18 juin dernier, voté par une majorité écrasante. Ils sont restés mobilisés durant plusieurs jours. Dans une tribune publiée par Le Monde le 17 juin, les salarié·es expriment leurs craintes : « En liant son sort à une chaîne qui s’illustre à longueur de journée par un activisme politique fortement ancré à droite, voire parfois à l’extrême droite, Europe 1 va perdre ce qu’il lui reste de plus précieux : son capital de crédibilité auprès des auditeurs ». 

Vincent Bolloré marque déjà sa puissance et son empreinte, puisqu’en moins d’un mois, Louis de Raguenel, ancien transfuge de Valeurs actuelles, a été nommé chef du service politique d’Europe 1. L’humoriste Christine Berrou, qui a osé se moquer du gesticulateur extrémiste Eric Zemmour, a fini par démissionner, car elle refusait de céder aux pressions lui demandant de présenter ses excuses. Le matinalier Mathieu Belliard sera remplacé à la rentrée par Dimitri Pavlenko, intervenant régulier aux côtés de Zemmour sur CNews. Peu à peu, la nouvelle grille de la rentrée est dévoilée : on annonce notamment la venue de Laurence Ferrari, pour une émission commune CNews-Europe 1 en fin de journée. Et qu’en est-il de Zemmour me direz-vous ? Ils n’ont pas osé. Pas pour l’instant. 

Les grévistes d’Europe 1 refusent que la radio devienne un « média d’opinion » inspiré par CNews, dont la responsabilité dans la banalisation des idées xénophobes et nauséabondes de l’extrême droite n’est plus a démontrer. Je les félicite et les remercie pour leur mobilisation. Lors des débats sur la proposition de loi audiovisuel, portée par la majorité, ou plutôt ce qu’il en est resté (voir article ci-dessous), j’ai porté au nom du groupe parlementaire LFI plusieurs amendements visant à lutter contre la concentration croissante des médias, et à garantir le pluralisme de l’information. Ceux-ci avaient notamment pour objet d’empêcher une personne physique ou morale de détenir plusieurs canaux audiovisuels. Ils ont été jugés irrecevables par LREM. Une occasion manquée de parler, en hémicycle, d’un enjeu démocratique majeur, à l’heure où 90% des médias sont détenus par 9 milliardaires, dont on peut légitimement douter de la neutralité et l’impartialité.

Il faut voir, ou revoir, l’excellent film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les nouveaux chiens de garde (2012), qui reprend le travail effectué par Serge Halimi, pour comprendre que le microcosme médiatique est un lieu de pouvoir(s). De pouvoir économique certes. Mais aussi, et surtout, de pouvoir politique et d’influence sur les masses. Comme l’écrivait très justement le sociologue Pierre Bourdieu, dans son ouvrage sur la télévision paru en 1996 : « La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population. Or, en mettant l’accent sur les faits divers, en remplissant ce temps rare avec du vide, du rien ou du presque rien, on écarte les informations pertinentes que devrait posséder le citoyen pour exercer ses droits démocratiques. »

THÈME N° 1

Cohésion sociale,
culture et solidarités
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SAMEDI 19 SEPTEMBRE 2020 À MIREPOIX
Salle Paul Dardier – de 10h à 18h

Actualité

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