A l’occasion des questions orales sans débat, j’ai interpellé le Ministre de la Culture, Franck Riester, au sujet de la grève historique à Radio France.

« Alors que Radio France vit actuellement la plus longue grève de son histoire, il aura fallu attendre le vendredi 31 janvier, après 60 jours de mobilisation, pour que le Ministère de la Culture daigne recevoir les syndicats ainsi que la Direction de cet établissement public.

Maintenant que vous semblez davantage concerné par cette situation, je souhaiterais vous interpeller à propos de plusieurs aspects de votre plan d’économie, M. le ministre.

La semaine dernière, nous avons été plusieurs sur les bancs de cette Assemblée à recevoir avec bienveillance l’ouverture à la négociation proposée par Mme Sybille VEIL. 

Mais nous ne sommes pas dupes. Une suspension n’est pas un retrait. Si la direction de Radio France, avec votre aval, change de moyens, l’objectif est toujours le même : alléger la masse salariale pour répondre à vos impératifs d’austérité budgétaire.

Les locaux FIP à Bordeaux, Nantes et Strasbourg, ferment. Le service public disparait donc des régions pendant que l’audiovisuel privé ouvre des antennes à Lille, Lyon, Toulouse et ailleurs dans les régions. Vous avez baissé la redevance de 1€ faisant ainsi perdre 27 millions d’euros de ressources à Radio France. Pensez-vous réellement qu’une mesure aussi insignifiante pour le pouvoir d’achat des françaises et des français justifie la suppression des postes, la mise en danger de la radio publique et de sa création artistique en général ? Vous justifiez votre plan social contre lequel les salariés sont en lutte, par la nécessité de financer de nouvelles « dépenses de développement numérique », estimées à 20 millions d’euros, soit donc 7 de moins que ce que vous avez généreusement redistribué.

Alors, inquiet par votre acrobatique gestion, je souhaiterais avoir des précisions sur l’affectation de ces 20 millions d’euros. »