En commission des affaires culturelles, audition de M. Jean-Philippe Thiellay, président du Centre national de la musique.

En France, la musique est l’activité culturelle la plus plébiscitée. « De la musique avant toute chose », nous disait Paul Verlaine ! La crise du covid-19 a des conséquences dramatiques sur ce secteur. Le monde de la culture exprime son inquiétude concernant l’avenir de la création, de la diffusion et de la programmation musicale.

Pour ma part, je considère que le soutien aux acteurs de la diffusion et de la création des œuvres musicales doit être accéléré, pensé nationalement et de façon durable, au vu des conséquences au long court de la crise. Il est nécessaire de de venir en aide, en priorité, aux petites structures qui émaillent nos territoires et qui ne sont pas les plus rentables, donc les plus en danger. Elles sont le socle culturel sur lequel s’appuie 90 % de la diffusion du spectacle vivant.

Je souhaiterais donc vous interroger sur les dispositifs d’aides déployés par le CNM, dans le cadre de la crise sanitaire.

Les différents fonds de secours mis en place semblent insuffisants. Les 50 millions d’aides annoncées par le Président de la République font pâle figure, par rapport aux 2 milliards de pertes annoncées.

Face à l’insuffisance des dispositifs d’aides, les collectivités territoriales sont sollicitées pour abonder les fonds de secours. Cela risque d’aggraver les inégalités territoriales de l’offre culturelle proposée en France. Aujourd’hui, à part peut-être la mairie de Paris, rares sont les villes qui ont les moyens de geler les loyers des acteurs culturels pendant 6 mois.

Concernant spécifiquement le fonds de secours aux TPE et PME du secteur, il n’a distribué que 3,4 millions d’euros sur les 11,5 millions d’euros dont il dispose. Les besoins sont pourtant considérables. Pourriez-vous me dire quelles en sont les raisons ?