L’école, maillon essentiel des institutions républicaines, doit également prendre sa part dans la mise en pratique des politiques sportives de la nation. C’est pour cela que nous proposions trois dispositions visant à encourager et promouvoir le sport à l’école. 

Premièrement, de la même manière que cela existe dans les collèges et lycées, nous proposions de rendre obligatoire la création d’une association sportive dans tous les établissements scolaires du premier degré. Cette proposition du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) visait à encourager la pratique du sport scolaire, et à pallier le manque de structures appropriées dans certaines écoles. En effet, l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (Usep) qui organise des activités sportives pour les enfants de l’école publique, de la maternelle à l’élémentaire n’était présente que dans 23,42% des écoles publiques en 2018-2019. Nous pensons nécessaire de rappeler cette donnée : en 1971, un enfant courait 800 mètres en 3 minutes, en 2013 pour cette même distance, il lui faut 4 minutes. Il s’agissait donc de rendre possible, pour chaque enfant, la pratique régulière d’une activité physique, de manière totalement gratuite et encadrée par un professionnel formé. L’amendement a été jugé irrecevable, alléguant le fameux article 40, la majorité présidentielle considère que la santé de nos enfants est une « charge ».

De même, nous proposions – et cela nous semblait totalement logique au sein d’une proposition de loi visant à démocratiser le sport – de consacrer, dans le Code de l’Education, l’apprentissage obligatoire de la natation à l’école, avec chaque année un module d’une douzaine de séances. L’amendement, considéré cavalier législatif, a été déclaré irrecevable. Quelle honte ! Cette proposition allait pourtant dans le sens de ce qu’écrivait, en 2010 aux recteurs, Jean-Michel Blanquer, alors directeur général de l’enseignement scolaire sous la présidence de Nicolas Sarkozy : « apprendre à nager à tous les élèves est une priorité nationale, inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences ». L’actuelle ministre des Sports Roxana Maracineanu déclarait également en 2019 dans Le Parisien : « Les chiffres sont alarmants. L’an dernier, 332 noyades accidentelles ont été recensées chez les moins de 6 ans. C’est 85 % de plus qu’en 2015. Aujourd’hui, l’apprentissage de la natation commence au CP, c’est trop tard! (…) Résultat, la moitié des collégiens, en fin de 6e, ne savent pas bien nager. Ce n’est pas acceptable. On va donc proposer un changement de méthode ». Ajoutons également que certains territoires sont beaucoup plus touchés que d’autres, notamment la Seine-Saint-Denis où, soit dit en passant, se dérouleront en 2024 les épreuves de natation des jeux olympiques et paralympiques : dans le 93, le taux de réussite à l’attestation scolaire du savoir nager ne s’élève qu’à 46% en CM2, et 67% en 6ème. Encore des déclarations de bonnes intentions non suivies d’effets qui confinent à l’incantation permanente, alors que la natation répond à des enjeux de pratique sportive et de santé publique évidents (lutte contre les noyades, notamment).

Pour terminer sur ce volet éducatif, nous proposions la création d’une carte nationale de l’élève en formation, permettant l’accès gratuit à des activités sportives et culturelles. François Carré, cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes, déclarait récemment qu’ « on sait que l’habitude de pratiquer du sport s’acquiert jeune. Un enfant qui n’a jamais pratiqué de sport jeune a peu de chance de devenir un adulte sportif. Quelqu’un qui fait du sport toute sa vie voit son espérance de vie en bonne santé passer de 64 à 70 ans environ ». Pourtant, « entre 1971 et 2011, les capacités physiques des enfants ont diminué de 25 % et ça continue » s’alarme le médecin. La création de cette carte aurait réellement permis de démocratiser le sport pour les plus jeunes. L’amendement a été rejeté en hémicycle.

 

Extrait des débats en vidéo :