Réaction suite aux annonces du Premier Ministre Edouard Philippe pour le secteur du tourisme dans le cadre du déconfinement.

“Les mesures de confinement visant à isoler les individus ont touché de plein fouet les secteurs d’activité dont la vocation est justement de rassembler les gens et de favoriser le lien social. Ainsi tous les bars, restaurants, hôtels, etc. ont dû fermer leurs portes. 95% des entreprises liées au tourisme au sens large sont à l’arrêt depuis 2 mois. Et elles ne sont pas encore autorisées à reprendre leur activité, contrairement à d’autres.

Le 1er Ministre a annoncé aujourd’hui un plan d’aide interministériel qu’il a qualifié de « massif », pour le secteur du tourisme et de la restauration. En dépit de ces annonces, la majeure partie des professionnels concernés restent sur leur faim. Car ce que tous les professionnels attendent avant tout, ce sont des réponses claires aux questions qui les taraudent. Il n’est plus possible de demeurer plus longtemps dans l’expectative. Le déconfinement s’annonce compliqué et le retour à la « normale » est encore bien lointain. Il faudra nécessairement ajuster les mesures en cours de route, mais il est toutefois indispensable de donner dès à présents quelques jalons du processus de déconfinement en cours. Malheureusement cette fois encore, la communication du calendrier précis est reportée à fin mai, laissant les chefs d’entreprise et les salariés du secteur dans un flou anxiogène.

De plus, les mesures annoncées ne solutionnent absolument pas le problème des pertes d’exploitation cumulées, dans un contexte où les incertitudes sont grandes, aussi bien en ce qui concerne les conditions dans lesquelles l’activité va reprendre, que l’attitude de la clientèle après cette période de confinement, avec une baisse prévisible de la fréquentation.

Si nous avons effectivement besoin d’un plan d’aide « massif » pour sauver les entreprises d’hôtellerie & de restauration, celui-ci doit s’attacher en premier lieu à proposer des mécanismes de compensation partielle des pertes enregistrées. Cela ne pourra pas se faire sans exiger une contribution importante du secteur des assurances, qui rappelons-le en France est leader européen dans son domaine, et dont les plus grandes figures réalisent des milliards d’euros de bénéfices annuels. D’autres sources de financement, comme la taxation de certaines transactions financières, pourraient aussi abonder un fonds dédié au sauvetage de nos entreprises.”