Lors des Questions au gouvernement du mercredi 4 avril 2019, j’interpelle le gouvernement sur la fin de la trêve hivernale.

” La journée du 1er avril de chaque année est la plus terrifiante pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. C’est la fin de la trêve hivernale.

La sémantique développée n’est pas anodine. L’hiver est une trêve dans le combat permanent contre l’expulsion locative consécutive à la pauvreté qui sévit sous nos yeux.
Notre pays n’a jamais accumulé autant de richesses qu’aujourd’hui, or ce sont plus de 300.000 personnes qui ont été expulsées ces 10 dernières années.

Cette dame de 81 ans, terrorisée par cette violence sociale, vit avec 1200€. Elle doit s’acquitter de 900€ de loyer, de l’électricité que vous augmenterez cet été, et du reste, pour juste survivre. C’est impossible ! Alors, elle a cumulé 50.000€ de dette locative. « Si on m’expulse », dit-elle, « je m’assiérai sur un banc et j’attendrai ». L’issue qu’elle sous-entend est celle des 566 hommes, femmes et enfants morts de la rue en 2018.
Quelle est le crime de ces bannis, de ces exilés sur nos trottoirs où ne ruisselle que l’eau des caniveaux ?

Nous connaissons l’immense faculté qui consiste à détailler les 100 raisons de ne point aider son prochain. Mais pouvons-nous être capable de détruire cette humiliation infligée, celle de l’abandon de la communauté humaine ?
La misère n’est pas une fatalité, ce sont les hommes qui l’ont créée. Ils sont donc tout à fait capables de l’éradiquer.
Il y va de la dignité des « invisibles de la rue », comme de la nôtre.
S’il est une cause qui doit faire l’unanimité sur tous les bancs de cette assemblée, c’est bien celle-là : lutter contre la misère. Vous avez le levier du pouvoir, il ne vous manque plus que la volonté politique.

Nelson Mandala nous livrait ceci : « Parfois, il incombe à une génération de faire preuve de grandeur ». Alors, Monsieur le Ministre, je vous le demande : Pouvons-nous être cette génération ? “