Les insoumis·es ariégeois·es se sont mobilisé·e·s pendant près de deux mois pour défendre le service public de santé en Ariège. Ils ont interpellé la population sur les marchés et aux abords des établissements de santé. Ils sont parvenus à recueillir plus de 3.000 signatures pour une pétition qui réclamait le maintien des hôpitaux de proximité, une juste répartition des médecins sur le territoire, le tier payant intégral et la fin des dépassements d’honoraires.

Le vendredi 16 novembre, j’ai accompagné une délégation de militant·e·s pour remettre ces pétitions à la préfète de l’Ariège. Madame Mauchet a pris note des inquiétudes et des propositions que nous avons exprimées. Elle fera un rapport de situation au Ministère concerné, comme il est d’usage de le faire dans ces circonstances.

Pour clôturer cette campagne sur la santé, les insoumis·es ont organisé une table ronde à laquelle j’ai eu le plaisir de participer. De nombreux acteurs de la santé en Ariège étaient conviés : médecins, infirmiers, administrateurs, représentants des usagers, ou encore élu·e·s. Les regards croisés de tous ces personnages sur l’état de nos services de santé ont donné lieu à des échanges d’une grande qualité.

Le diagnostic général est sans appel : la tarification à l’activité contribue largement à la ruine de nos hôpitaux ruraux, pour lesquels elle n’est pas du tout adaptée. Le tout ambulatoire représente une menace réelle pour la sécurité d’un grand nombre d’ariégeois·e·s d’une part en raison de la configuration géographique du territoire, et d’autre part du fait du vieillissement important de la population.

Par ailleurs, la pénurie de spécialistes, due à la faible attractivité du département et à un manque de volonté manifeste des pouvoirs publics, crée une situation de “perte de chance” pour les habitants. Pour pallier à cette situation et repousser la fermeture des services, la plupart des établissements ont recours à l’intérim médical, ce qui creuse leur déficit budgétaire. Autrement dit, non seulement la prise en charge en Ariège est moindre, mais en plus, elle coûte plus cher qu’ailleurs.

Enfin l’importante charge de travail qui pèse sur tous les personnels, en sous-effectifs, a des conséquences sur la prise en charge des patient·e·s et ne permet pas, notamment aux médecins, d’assurer leur formation continue, condition sine qua non de l’excellence professionnelle.

L’hôpital va mal, ce n’est pas une surprise. La réforme du système de santé annoncée par Emmanuel Macron à la fin du mois de septembre ne semble pas à la hauteur de la situation. Je prends acte du fait que le Président intègre dans sa réforme certaines des idées phares du programme de la France Insoumise, comme la suppression du numerus clausus, ou la création d’un corps de médecins généralistes salarié·e·s de la fonction publique, pour lutter contre les déserts médicaux.

Cependant, l’enveloppe de 3,4 milliards d’euros d’ici 2022, proposée pour mener à bien ce plan baptisé “Ma santé 2022”, paraît bien maigre lorsqu’on la compare aux 20 milliards d’allègement de charges patronales consentis au MEDEF dès 2019, en compensation de la suppression du CICE. On ne peut que constater qu’une fois encore, la majorité présidentielle a choisi de mépriser les besoins du plus grand nombre, pour satisfaire les appétits d’une petite caste de privilégié·e·s.