Intervention dans le cadre de la proposition de résolution portée par le groupe GDR, invitant le Gouvernement à la mise en place d’un revenu étudiant.​

Tous les indicateurs en attestent : les conditions d’existence des étudiants se dégradent. La France compte aujourd’hui un étudiant sur 5 sous le seuil de pauvreté. Près de la moitié des jeunes doivent désormais travailler en parallèle de leurs études, pour faire face à l’augmentation du coût du logement et de la vie étudiante. 

Cette précarité a été particulièrement accentuée par la crise du Covid-19. Certains étudiants ont été confrontés à l’incapacité de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, face à l’augmentation des dépenses courantes. D’autres se sont retrouvés confinés dans des logements parfois insalubres. 

Cette paupérisation, dénoncée depuis de nombreuses années par les syndicats étudiants et les sociologues, ne vient pas de nulle part. D’abord, les réformes de l’éducation supérieure et du marché du travail ont été la force motrice de la montée des inégalités et de la pauvreté. Puis, les gouvernements successivement au pouvoir ont baissé le montant des dotations publiques allouées aux CROUS et aux établissements d’enseignement supérieur. En outre, depuis 2017, les Aides Personnalisées au Logement sont constamment revues à la baisse.

Un désengagement de l’Etat qui a poussé les étudiants à la « débrouillardise », à travailler dans des emplois précaires et à être particulièrement exposés aux risques psycho-sociaux. Malgré les alertes et les mobilisations étudiantes, notamment en novembre 2019 lors de l’immolation d’un jeune étudiant lyonnais, l’Etat n’a jamais pris à bras le corps ce problème. 

Avec La France Insoumise, nous avons pourtant proposé en 2017 l’instauration d’une allocation d’autonomie de 800 euros par mois pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, dans le but de garantir aux étudiants des conditions décentes d’existence. Pendant la crise sanitaire, nous avons aussi travaillé, avec le livret Jeunesse de la France Insoumise et la députée Muriel Ressiguer, sur une série de mesures d’urgence susceptibles d’apporter une réponse à l’insécurité économique sur le court et moyen terme. Nous demandions notamment la prolongation des bourses durant les 2 mois d’été et le gel immédiat du paiement des loyers pour les résidents en cités universitaires. 

Mais, confronté aux conséquences de sa propre politique, le gouvernement n’a pas pris en compte nos propositions. Il s’est contenté pendant la crise sanitaire d’octroyer une aide ponctuelle et insuffisante de 200 €, pour moins de la moitié des étudiants. 

Aujourd’hui, de nombreux jeunes risquent de payer le prix fort de la crise sanitaire et de cette inaction. La récession économique à venir n’augure en effet rien de bon en ce qui concerne l’avenir des plus précaires. Et déjà la période estivale s’annonce particulièrement délicate pour trouver un stage, un premier emploi ou un emploi alimentaire. 

Dans ce contexte, il nous impose d’œuvrer urgemment à la construction d’une nouvelle protection sociale étudiante. Pour cette raison, je voterai, avec le groupe parlementaire La France Insoumise, en faveur du projet de résolution invitant le Gouvernement à la mise en place d’un revenu étudiant. 

Le gouvernement doit donner les moyens de l’indépendance matérielle à ceux qui contribueront, une fois diplômés, à bâtir l’avenir de ce pays. En outre, le revenu étudiant proposé par le groupe communiste rejoint en partie nos propositions. Celle-ci nous renvoie à un combat politique commun, celui de l’émancipation de la jeunesse.