Le 12 septembre 2018 Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, a fait savoir par voie de presse qu’elle souhaitait que sa région se retire d’ARCADI. Cette décision politique entraînerait la mort de la structure et le départ des 38 salarié.e.s qui y travaillent depuis 2003.

ARCADI est un EPCC, un Établissement Public de Coopération Culturelle. Il assure à l’échelle francilienne les missions d’accompagnement des équipes artistiques, de diffusion des œuvres sur les territoires franciliens, de médiation culturelle dans les lycées, d’éducation à l’image, d’observation et d’animation de réseau professionnel ainsi que l’organisation de la Biennale des arts numérique « Némo ».

Un conflit est apparu dans la gouvernance de cet établissement public. En effet, son financement est assuré à 88% par la Région Ile-de-France et le reste par l’Etat au travers de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) d’Ile-de-France. De nombreuses raisons ont été avancées par la Région et l’Etat pour expliquer leurs différends mais il ne s’agit en fait que d’un problème purement financier. Mme Pécresse souhaite se désengager financièrement, au détriment de l’Etat, pour qu’il s’investisse davantage. Cette opération permettrait à la Région de récupérer les subventions versées à la structure pour les réaffecter ailleurs.

La disparition d’ARCADI n’est pas simplement une très mauvaise nouvelle pour les employé.e.s qui y travaillent, elle est aussi pour les acteurs culturels régionaux, les lycées, et toute la politique de diffusion culturelle à l’échelle de l’Ile-de-France.

Les employé.e.s d’ARCADI ont lancé une pétition en ligne qui a récolté 7000 signatures pour essayer de trouver un accord entre l’Etat et la Région. Mais rien n’y fait, les discussions sont toujours au point mort.

J’ai alors reçu les employé.e.s en lutte le 11 octobre à l’Assemblée pour que nous discutions de la situation. J’ai bien compris à quel point cette situation était absurde et stérile. Le futile combat qui se joue entre la DRAC et Mme Pécresse met en péril un élément essentiel de la politique culturelle dans le premier bassin français de la culture, en nombre d’acteurs.

Il existe cependant plusieurs options pour sortir de l’impasse. La Région pourrait se tourner vers de nouveaux acteurs (départements, métropole, ville de Paris…) pour les faire participer à la charge financière. Au lieu de ça, Mme Pécresse se borne à promettre un reclassement des personnels dans la collectivité. Mais nous savons par avance que cette situation fragilisera énormément la structure et amputera certaines de ses missions.

C’est pour cela que les employé.e.s d’ARCADI se sont rassemblé.e.s le 15 octobre à la petite halle de la Villette. Ils demandent que cessent les bisbilles politiciennes entre le Préfet et Mme Pécresse et que le dialogue reprenne pour assurer la continuité des missions d’ARCADI.

Je suis de tout cœur à leurs côtés dans ce combat. Je mettrai tout en œuvre pour qu’il ne soit pas vain et qu’ARCADI continue d’exister !