21 juin 2019. Alors que la fête bat son plein à Nantes pour célébrer l’été et la Musique, la police charge violemment des jeunes rassemblés sur les quais.

Il est 4h30 du matin, l’heure légale autorisée pour écouter de la musique est dépassée de trente minutes. Un tir de LBD et des jets de lacrymogènes, comme en attestent des vidéos tournées sur place, dispersent la foule. Dans la panique et la précipitation, plusieurs jeunes tombent dans la Loire. Un mois après, Steve Caniço, 24 ans, est toujours porté disparu. Qu’est-ce qui a bien pu entraîner une telle violence ? Les forces de l’ordre justifient leurs gestes, affirmant avoir reçu des jets de projectiles. Cette argument ne justifie en rien la réplique disproportionnée qui a suivie et qui a engendré cette tragédie. L’autre question cruciale qui demeure en suspend est : Où est Steve ? Sa famille, ses amis et ses proches méritent des réponses concrètes. Au lieu de ça, c’est un silence assourdissant qui règne de la part de la classe politique au pouvoir. Pire, le journal Mediapart a révélé dans un article intitulé La promotion «gilets jaunes» de Christophe Castaner : les médailles de la honte, que ce dernier avait décoré des policiers « parmi lesquels au moins cinq sont impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières. Y figure Rabah Souchi, а la tête de la charge de police ayant provoqué les blessures de Geneviève Legay а Nice ou encore Bruno Félix, qui commandait les CRS auteurs des tirs ayant tué Zineb Redouane а Marseille » ainsi que « Grégoire Chassaing, le commissaire qui a notamment donné l’ordre d’utiliser les gaz lacrymogènes а Nantes le soir de la disparition de Steve Maia Caniço ». Grégoire Chassaing a été décoré le 16 juin, soit 5 jours avant la disparition de Steve, mais les informations dont disposent les journalistes (post raciste sur les réseaux sociaux, propos homophobes, etc.) ne font aucun doute sur l’illégitimité à recevoir une telle décoration.

Les violences policières sont une réalité. Les nier revient à se satisfaire de l’autoritarisme ambiant, imposé par l’exécutif et son Ministre de l’Intérieur, M. Christophe Castaner.