A l’occasion du débat sur le financement des retraites, j’ai interpellé la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnes Buzyn.

« Parallèlement à l’examen parlementaire de votre réforme des retraites, vous avez invité les partenaires sociaux à formuler des propositions de financement, dans le cadre d’une grande conférence sur les retraites.

Cependant, vous procédez de la même manière que lors du « grand débat national ». Vous proscrivez, au préalable de la discussion, toute une série de solutions politiques existantes. Le cadre de la concertation proposée ici, est ainsi cerné par vos propositions habituelles : l’augmentation du temps de travail ou la baisse du montant des pensions.

Nous en avons pourtant proposé d’autres telles que l’augmentation des salaires et l’égalité salariale effective entre les femmes et les hommes. Ces 2 recommandations généreraient respectivement 2,5 milliards d’euros pour une revalorisation d’1% des salaires et 6 milliards d’euros. 

En réalité, votre conférence a pour unique objectif d’orchestrer le dissensus entre les différentes organisations syndicales et patronales ; vous permettant ainsi, de devenir le seul décisionnaire sur le dossier brûlant du financement des retraites. 

Ces méthodes ne peuvent qu’inquiéter. L’étude d’impact et les trajectoires financières proposées sont dénoncées comme « lacunaires » par le Conseil d’Etat. On ne peut toujours pas évaluer, avec les éléments dont on dispose, ce que représentera l’enveloppe financière de la branche retraite dans un système par points !

Ainsi, je vous le demande solennellement Monsieur le ministre, votre méthode de travail répond-elle à un autre objectif que celui de vous affranchir du contrepoids politique, qu’il soit syndical ou parlementaire ? »