J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer sur la situation des candidats admissibles aux concours internes de l’enseignement. 

Les concours de l’enseignement proposent chaque année une session dite « interne » réservée aux titulaires des trois branches de la fonction publique. Dans chaque filière, les épreuves écrites ont eu lieu début 2020 et les candidats dits « admissibles » sont désignés pour participer aux épreuves orales associées. Mais la crise actuelle a perturbé le calendrier des épreuves. Les épreuves orales des sessions internes ont ainsi été reportées à la rentrée, en septembre ou en octobre 2020. Cette décision prise dans la précipitation de la gestion de crise provoque aujourd’hui la colère et l’inquiétude des concernés.

D’abord, elle représente de nouvelles difficultés de gestion et de calendrier pour les professeurs réalisant ces concours. Les candidats admissibles devront s’atteler, en plus de la réalisation des épreuves orales des concours, à la préparation de la rentrée de septembre 2020. Cette dernière sera d’ailleurs particulièrement chargée et cruciale au vu de la perturbation de l’année scolaire 2019-2020 et du fait de l’application de la réforme du lycée. 

Ensuite, cette décision est une entorse manifeste au principe d’égalité de traitement entre les candidats. En effet, contrairement à la session interne, les épreuves orales de la session externe seront maintenues et décalées au mois de juillet. De plus, pour les filières de session externe dont les épreuves écrites n’ont pu être terminées, aucune épreuve orale ne sera requise. Ainsi, dans une même filière, certains candidats seront extrêmement avantagés et d’autres pénalisés par ces modalités d’admission. En outre, les admissibles des sessions internes des concours seront victimes d’un retard qui risque de s’accumuler s’ils venaient à échouer leur oral à la rentrée, car ils auront, de facto, près de six mois de retard dans la préparation de la session suivante. 

Enfin, la décision d’imposer des épreuves orales à la rentrée pour les admissibles de la session interne va à l’encontre de toute logique. L’épreuve d’admission que constitue un oral a notamment pour utilité de prévenir d’une incompatibilité manifeste des candidats avec l’exercice de fonctions pédagogiques et avec ses futures missions de service public. Or, les titulaires de la fonction publique participant à la session interne travaillent déjà au quotidien au service de l’intérêt général. Les professeurs ont au moins trois ans d’ancienneté et ont déjà été évalués par les inspecteurs d’académie, par les chefs d’établissement. Cela n’est pas le cas des candidats aux sessions externes, qui sont dans leur très grande majorité des étudiants n’ayant aucune expérience professionnelle. 

Ainsi, pour toutes ces raisons, M. le député Michel Larive demande au Ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer la suppression des oraux décalés à la rentrée prochaine et l’admission des candidats admissibles aux concours internes sur la base exclusive des épreuves écrites. Si pour l’instant le Ministre ainsi que son cabinet ne semblent pas avoir répondu aux nombreuses sollicitations des professeurs admissibles, une remise en question de cette décision arbitraire, injuste et illogique s’impose. La crise sanitaire actuelle ne saurait justifier une telle rupture d’égalité, contrevenant aux principes républicains les plus élémentaires. Il en va aussi de la considération que la France porte à l’endroit de ses professeurs, CPE et titulaires de la fonction publique, qui œuvrent chaque jour, crise sanitaire ou non, au service de l’intérêt général.