La dernière semaine de janvier 2019, nous avons étudié en commission Culture et Éducation le projet de loi pour une école de la confiance.

Dès l’article 1, le projet de loi envisage d’instituer un devoir d’exemplarité renforcé à l’égard des professeurs, dans une indétermination inquiétante. Cela pourrait permettre la mise en oeuvre de nouvelles formes de sanctions disciplinaires dès lors qu’un professeur aurait pu, selon sa hiérarchie, altérer le lien de confiance entre les élèves et leurs familles, et l’Education Nationale. Cet article semble aller à l’encontre des droits et libertés des professeurs qui doivent pouvoir apporter leur expertise et faire part de leur expérience du terrain, même négative, sans pour autant être inquiétés. Augmenter l’arsenal répressif, déjà suffisamment conséquent, n’augmentera pas la confiance que le Ministère peut avoir envers les enseignants et inversement.
L’intégralité du texte se positionne dans une logique exclusivement comptable où l’élève et l’enseignant·e ne sont considérés qu’au regard d’économies budgétaires. La suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, confirmée en ce début d’année par M. Dussopt, n’épargnera nullement l’Education Nationale. Alors que la population augmente, la logique impliquerait la création de postes supplémentaires, mais il n’en est rien… l’éducation, au même titre que les autres services publics, risque d’être sacrifiée au profit de politiques libérales.

De “confiance”, ce texte n’en a que l’intitulé. Je ne manquerai pas de revenir dans un prochain article sur ce projet de loi lorsque nous l’étudierons dans l’hémicycle.

Je vous invite à consulter certaines de mes interventions en commission, où nous avons tenté en vain avec mes collègues, puisque nos amendements ne sont pas acceptés, d’améliorer tant bien que mal ce projet de loi :