Les députés se sont prononcés en faveur du projet de loi visant à la création du Centre National de la Musique (CNM).

« Je me réjouis qu’aujourd’hui nous ayons à nous prononcer à nouveau sur le projet de loi relatif à la création d’un Centre national de la musique, tant les enjeux sont grands pour le secteur musical.

La musique fait partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Moyen d’expression par excellence, elle nous unie et nous rassemble au delà des langues et des frontières. Elle est présente dans toutes les sociétés et en cela, elle est peut-être le plus universel des arts du spectacle, selon l’Unesco.

Ce patrimoine commun, dont la pratique culturelle est la plus plébiscitée dans notre pays, est trop souvent malmené.

Nous nous accordons sur la nécessité d’un tel projet de loi. Il émane d’un réel besoin et fait d’ailleurs écho à l’une des propositions présentes dans le livret programmatique de la France insoumise, L’avenir en commun.

Toutefois, nous restons vigilants sur un certain nombre de points et nous ne manquerons pas de proposer des amendements qui permettront de dissiper nos doutes et apporter des améliorations chères à nos convictions. 

Tout d’abord, nous souhaitons nous assurer que la création du CNM ne soit pas propice à l’externalisation des missions du Ministère de la Culture. Ce dernier étant suffisamment affaibli, avec des moyens qui ne cessent de diminuer. Nous n’avons de cesse de dénoncer et déplorer le fait que la culture soit la variable d’ajustement des budgets des politiques publiques. Nous souhaitons donc que le CNM dispose de moyens conséquents pour mener à bien toutes ses missions. Nous en convenons toutes et tous, il ne doit pas s’agir de créer un outil qui se verrait empêché de fonctionner de façon optimale, par manque d’ambition ou de volonté politique.

Le secteur musical connaît des difficultés croissantes. La création du Centre national de la musique doit s’accompagner d’une réflexion globale sur le secteur musical, son développement, sa pluralité, mais également garantir aux musiciennes et musiciens la possibilité de pouvoir créer dans les meilleures conditions et vivre correctement de leur art. La paupérisation touche de plus en plus d’acteurs du secteur, musical. Il est donc urgent de mettre en place des mesures concrètes et le CNM pourrait être un des vecteurs qui permettrait de solutionner ces problématiques.

Nous serons également attentifs s’agissant de la mutualisation de l’ensemble des services. Nous sommes conscients des conséquences que ce terme engendre : mutualiser signifie, dans votre novlangue, et nous l’avons constater à de trop nombreuses reprises, réduire les moyens humains et financiers. Les exemples ne manquent malheureusement pas et ce nivellement vers le bas est inscrit dans les lignes du programme Action Publique 2022 qui acte le démantèlement de la fonction publique.

Néanmoins, si cette mutualisation est faite de façon cohérente, cela pourrait permettre de clarifier les démarches, aujourd’hui parfois complexes en raison du nombre conséquent d’interlocuteurs. Afin de nous ôter ce doute, nous déposerons un amendement visant à ce que le CNM soit doté d’un budget constant qui lui confère une pérennité financière et une assise institutionnelle.

La nomination du ou de la Présidente du CNM par décret nous interroge. Il semblerait plus opportun que le ou la future présidente dispose d’une plus grande indépendance vis-à-vis du gouvernement en place. Il s’agit de s’assurer que les décisions prises en matière budgétaires notamment, s’affranchissent d’un pouvoir central et aillent réellement dans le sens de l’intérêt général.

La politique culturelle souffre dans notre pays. Elle souffre évidemment d’un manque de subside, mais aussi d’une politique marchande à contresens de nos idéaux. Nous privilégions plutôt une culture émancipatrice, qui serait à la fois le moteur et le reflet de la libération individuelle et collective. Nous pourrions illustrer votre politique mercantile en prenant l’exemple du Pass Culture, véritable archétype de l’individualisation et de l’hyper marchandisation de la Culture. Nous pensons qu’il faut éloigner la culture de l’emprise du marché, de la loi de la rentabilité et du règne de la finance. Le Centre National de la Musique ne devrait pas y faire exception. Nous devrons donc nous assurer des conditions de son indépendance et garantir l’intérêt général quitte à froisser certains intérêts privés.

Comme vous l’aurez compris, nous sommes favorable à la création du CNM, à condition qu’il soit doté de moyens à la hauteur des enjeux qui sont les siens. Nous y veillerons lors du projet de loi de finances à venir.

Le secteur musical pèse aujourd’hui 8,7 milliards d’euros, celui des jeux vidéos 4,9 milliards d’euros. Il semblerait pertinent d’accompagner ce secteur en pleine expansion. 

Puisque que nous sommes en synergie, dans une dynamique servicielle, propice de soutien aux structures de création et de production, libérons nos énergies. Pourquoi ne pas désormais se pencher sur la création d’un Centre national des jeux vidéos ? “