Depuis deux mois maintenant les lieux de création et les lieux de diffusion sont presque tous fermés. Ce sont des centaines de milliers de professionnels de la culture qui ont dû cesser leur activité brutalement. Les plus précaires d’entre eux se retrouvent aujourd’hui avec très peu de ressources et dans l’incertitude concernant leur possibilité de travailler à nouveau.

Car la reprise d’activité ne va pas se faire du jour au lendemain. Qui plus est la mise en place des mesures sanitaires va entraîner des surcoûts importants et les équipes vont devoir être réduites à leur strict minimum. Or si le gouvernement français propose quelques mesures parcellaires pour soutenir le secteur, l’enveloppe budgétaire qu’il a débloquée est très loin d’égaler les 50 milliards d’euros que lui consacre le gouvernement fédéral allemand.

En outre, le plan gouvernemental a tout bonnement ignoré des centaines de milliers de personnes concernées. Ce sont les travailleurs indépendants et tous les oubliés de la culture. Seule une poignée d’entre eux a accès au régime des intermittents. Ils représentent pourtant une proportion très importante des professionnels du secteur, estimée par le collectif « Les artisans du spectacle » à près d’1,3 million de personnes.

Il est donc impératif de prendre rapidement des mesures adaptées pour aider notamment les travailleurs indépendants, sous la forme d’une indemnité versée au moins pendant un an. Il faudrait aussi envisager des exonérations de cotisations pour les dirigeants salariés et non-salariés. Les conditions d’éligibilité au fonds de soutien doivent par ailleurs être élargies pour les petites entreprises du secteur culturel. Enfin, il faudrait prolonger d’un an minimum les droits des nombreux salariés précaires qu’emploie le secteur de la culture (chauffeurs, cuisiniers, agents de sécurité, etc.), et qui sont parmi les plus impactés par les conséquences du confinement, sachant que la perspective de pouvoir rapidement reprendre le travail pour eux est loin d’être assurée.