Le mardi 25 juin, Cédric O a annoncé sa volonté de créer un « conseil de l’ordre des journalistes » qui serait piloté par l’État dans le cas où la profession ne souhaiterait pas le mettre en place par ses propres moyens.

« Bien qu’il ait rétropédalé face à la polémique naissante, cette proposition du secrétaire d’Etat au Numérique constitue une menace à peine voilée à l’encontre de la liberté de la presse. L’État et le politique tentent de s’immiscer dans un domaine d’activité constitutif de nos sociétés démocratiques, au mépris du principe d’indépendance. 

Dans un climat de brutalisation et de recul des libertés publiques constaté par bon nombre d’observateurs, voir le gouvernement mettre ses pas dans ceux du Front National ne surprend plus. En effet, cette idée était avancée par le parti de Marine le Pen en 2017, pour « sanctionner des pratiques mauvaises ». Le Président de la République, alors candidat aux présidentielles et soucieux d’apparaître comme un « rempart » face à l’extrême-droite, la considérait comme « une idée de l’Italie des années 30 ». 

Après la loi liberticide contre les fausses nouvelles, les perquisitions contre Mediapart, les arrestations de journalistes durant les mobilisations de gilets jaunes et la récente convocation de journalistes d’investigation par la DGSI, cette proposition, qui émane d’un représentant du gouvernement, a effectivement comme un parfum d’années 30. Elle accompagne le basculement autoritaire du pouvoir en place. »