Question à M. Castex, président de l’Agence Nationale du Sport, en commission Culture de l’Assemblée Nationale.

« La volonté de la ministre des sports de créer une « Agence nationale du sport », approuvée par l’arrêté du 20 avril 2019, a fait naître en quelques semaines un conflit ouvert avec les conseillers techniques sportifs (CTS), sur fond d’inquiétude pour la continuité du service public du sport.

Ces événements sont révélateurs. Rappelons que c’est le « Comité Action publique 2022 », une instance technocratique dont le seul objectif est la baisse des dépenses publiques, qui était à l’initiative de cette Agence. La vision qu’a le gouvernement pour le sport et les associations est claire : ce sont des variables d’ajustement budgétaire.

Ensuite, cette Agence annonce le déclin du Ministère des Sports. Il s’agit de mettre fin au rôle prépondérant des pouvoirs publics dans l’organisation et le financement du sport français, au profit d’un partenariat public-privé. Cela consacre la disparition d’une certaine idée du sport : on passe du « sport pour tous », vecteur de cohésion sociale, au « sport pour certains ».

En effet, au sein de ce « Groupe d’Intérêt Public » des entreprises ainsi que le mouvement sportif en charge du sport du haut niveau seront en charge de certaines prérogatives du ministère.

On voit mal la convergence vers « l’intérêt public » quand les priorités de ces acteurs sont le développement du marché du sport et de l’innovation, la haute performance sportive et le haut niveau, ainsi que les grands évènements sportifs.

Dans le même temps, les craintes des clubs amateurs du monde associatif et sportif vis-à-vis de leur existence même sont ignorées.

Alors que même l’Inspection Générale des Finances, dans son rapport de septembre 2012, s’inquiétait de la prolifération des agences et d’un État qui « est allé trop loin dans son démembrement », pour quelles raisons faudrait-il croire qu’une « Agence Nationale du Sport » pourrait-elle mieux répondre que le Ministère consacré aux enjeux de politique sportive publique ? »